Drôle de chemin depuis septembre 2010 !
Les premiers mois en meublé, seule avec mon fils, se sont bien passés. J’ai retrouvé notre complicité, le dialogue est revenu.
45m2 pour deux, c’est exigu. Après avoir passé quelques jours chez mon ami, en période de Noël, Antoine a demandé y retourner vivre. Il avait remarqué que mon compagnon renonçait à participer à son éducation mais surtout qu’ il pouvait avoir une connexion au net plus facile pour jouer en ligne !
Face à cet apaisement nous avons espéré avancer plus loin : nous avons acheté une petite maison, nous nous sommes pacsés. Antoine s’est montré étranger à notre projet. Lors de notre déménagement, en juin, il a décidé être en vacances et faire ce qu’il voulait, malgré notre avis. Nous avons un peu lâché la bride, occupés par les travaux d’aménagement.
Une fois installés, nous avons rétabli les règles de vie commune, règles qu’Antoine a refusé de respecter : “laissez-moi vivre ma vie” ! Il vivait la nuit, jouant bruyamment sur ses jeux en ligne, fumait dans sa chambre, dormait le jour.
C’est à cette même période que son père s’est trouvé hospitalisé, dans un état sérieux. Il nous a quitté le 5 juillet. C’est malheureusement le lendemain que mon compagnon, excédé par le bruit trop fréquent, a décidé de couper le net la nuit. Antoine a explosé de colère, détruisant un mur de sa chambre et frappant violemment mon ami qui s’interposait. Nous l’avons mis dehors, effrayés par sa folie destructrice. Il a brisé mon pare brise avec une pierre et disparu dans la nuit.
Le lendemain nous devions lui et moi prendre l’avion pour l’enterrement de son père. Il m’a rejoint à l’aéroport 5minutes avant l’embarquement… Les jours qui ont suivi ont été douloureux mais ont permis à notre famille de se retrouver. L’épisode a été occulté.
A notre retour, mon ami a refusé qu’Antoine revienne vivre à la maison. Sérieusement blessé avec 10 jours d’ITT, il avait porté plainte pour agression. Le juge et l’éducateur étaient prévenus, mon fils a été placé en famille d’accueil.
Je me suis sentie perdue, pensant qu’il fallait les séparer, mais aussi malheureuse de ne plus voir mon fils. Ma famille, sur le continent, prenant parti pour Antoine, a désigné mon compagnon comme seul responsable et a décidé ne plus nous recevoir. Nous devions passer nos vacances chez mes parents, ils n’ont reçu que mon fils.
Ma fille aînée a quand même accepté m’accueillir, pour son fils. J’y suis restée 10 jours, dans un climat un peu tendu mais j’ai pu profiter de mon petit-fils.
Depuis, après l’été sur le continent, Antoine a repris le chemin du lycée, interne la semaine, en famille d’accueil le week-end.
Devant mon désarroi, mon compagnon a retiré sa plainte et accepté qu’Antoine revienne ponctuellement. Antoine s’y est d’abord refusé, ne me répondant pas au téléphone, puis, voyant qu’il ne disposait pas de la liberté escomptée dans sa famille d’accueil, il a demandé à venir dormir à la maison de temps en temps. Je suis heureuse de le voir mais stressée par sa violence possible.
Que nous réserve l’avenir ? Voilà trois ans que je demande un soutien pour aider mon fils à gérer ses colères. Un éducateur a été désigné, je l’ai à peine vu. Ma famille prétend que le problème vient de mon compagnon. Depuis qu’Antoine a de meilleurs résultats scolaires, il parait que tout va bien. Une autre équipe éducative doit prendre le relais, suite au placement. J’attends.
En juin 2012 ce seront les examens du CAP, Antoine a prévu de continuer ensuite à Besançon, près de ses sœurs.
Majeur en décembre, que fera-t-il jusqu’à juin ? Mon ami refusera qu’il revienne à la maison.
Je n’ai pas fini d’être inquiète… D’ailleurs ma mâchoire, crispée par le stress et douloureuse, m’empêche de dormir… On me demande de choisir entre mon compagnon et mon fils… Je rêve de paix et d’équilibre pour tous…















Vos bleus